Ecoquartiers : un levier pour transformer la ville existante

La Rencontre nationale écoquartiers, organisée le 6 juin à Paris, avait pour thème la rénovation de l'existant. Quartiers anciens, lotissements et tissus pavillonnaires, friches industrielles, hospitalières, militaires, grands ensembles : les écoquartiers ont aussi vocation à s'inscrire dans des démarches de renouvellement urbain, dans les métropoles comme dans les territoires ruraux.

 

Baptême du feu pour le ministère de la Cohésion des territoires, qui organisait le 6 juin sa première rencontre importante sur le thème des écoquartiers. “Et ce aux Grands Voisins, dans l’ancien site de l’hôpital parisien Saint-Vincent-de-Paul, lieu emblématique d’un urbanisme contemporain“, a souligné Richard Ferrand. Voué à l’accueil d’un écoquartier, il affiche l’originalité d’être, dans l’attente des futurs travaux, une vitrine de l’urbanisme transitoire, modèle du genre où des acteurs locaux rivalisent d’ingéniosité pour investir des lieux temporairement inoccupés. “Un lieu à l’image des nouveaux écoquartiers, désormais conçus en renouvellement urbain et non créés ex-nihilo comme il y a des années, en périphérie“, abonde-t-on au Cerema. Alain Jund, adjoint au maire de Strasbourg et président de la Commission nationale Ecoquartiers, a rappelé que la démarche doit devenir “un levier pour transformer la ville existante“.

 

S’approprier les outils

Pour qu’un projet d’écoquartier soit une manière différente d’aménager et une réponse au renouvellement d’un tissu existant – bourg-centre en déshérence, friche industrielle, militaire ou hospitalière, grands ensembles d’habitat social -, encore faut-il de l’expertise publique, des retours d’expérience, des outils de concertation et d’aménagement, etc. “Or tous ces outils sont bel et bien sur la table. Notre établissement très présent sur le territoire est en mesure d’aider les collectivités à s’en emparer“, ajoute le Cerema.

 

S’appuyer sur les habitants

Tourner la page industrielle au profit d’un quartier multi-activités n’est pourtant pas chose aisée. Pour réveiller son attractivité s’il dispose de peu d’atouts, rien ne se fait sans l’appropriation des habitants. “Pour animer dans la durée l’opération de réhabilitation de 80 hectares de friches où se mêlent industrie et habitat, il faut s’appuyer sur les acteurs existants“, insiste Yves Lepers, responsable développement durable de la SEM Ville Renouvelée, opérateur de développement des collectivités locales de la métropole lilloise. Étant à cheval sur trois villes, le futur écoquartier de l’Union voit germer non pas un mais plusieurs dispositifs participatifs ! La consigne est également prise au pied de la lettre dans l’écoquartier Victor-Hugo, à Bagneux (Hauts-de-Seine), qui a fait l’objet d’une présentation détaillée. Tout comme une dizaine d’autres projets, dont celui de rénovation urbaine de la ville des Mureaux (Yvelines), l’un des plus grands de France. Cette opération de requalification, labellisée Ecoquartier par l’Etat en 2014, touche sept quartiers de la ville et son armature, un parc de 7,5 hectares, a donné lieu à une concertation poussée avec les habitants sur ses futurs usages.

 

Ecoquartiers des champs

En territoire rural, la maire de Faux-la-Montagne, village du plateau de Millevaches, dans la Creuse, a rappelé comment un projet d’écoquartier s’insère dans une dynamique plus large de restauration de l’attractivité d’un territoire, ici celui de la montagne limousine. “En zone rurale ou détendue, un potentiel mérite d’être exploré : rénover l’existant pour produire des logements mais pas forcément grands, car il y a une demande“, suggère Laurent Escobar, directeur associé du bureau d’études Adéquation. C’est par ailleurs dans ces territoires ruraux que le besoin d’accompagnement et d’outils adaptés se fait ressentir. Sur quelles aides peuvent-ils compter ? Comment y cofinancer des missions d’études ou d’assistance à maîtrise d’ouvrage ? Quel accompagnement vers la labellisation ? A ce sujet il faudra surveiller en fin d’année le nouveau cru 2017 des écoquartiers labellisés par le ministère. L’objectif fixé fin 2016 par l’ancienne ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, reste d’atteindre vite les 500 écoquartiers labellisés. Aujourd’hui, on est loin du compte. Les palmarès 2017 devraient être riches.

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